Les participants à cette rencontre plancheront sur l'élaboration d'un projet de manuel scolaire sur le rapprochement entre les madahib, et des projets d'ouvrages sur des compagnons du Prophète et de ses proches (Ahl Al-bayt), selon la stratégie de rapprochement entre les rites adoptée lors du 10ème Congrès islamique (2003).
Ces projets concernent l'élaboration d'un guide dédié à rectifier les stéréotypes sur les madahib dans les programmes de l'éducation islamique.
A cette occasion, le directeur général de l'Isesco, Abdulaziz Othman Altwaijri,a souligné que la thématique du rapprochement entre les madahib requiert un dialogue inter-islamique de nature à favoriser l'échange du savoir entre les adeptes des différentes écoles de pensées pour contribuer, ce faisant à combler le fossé et réduire les clivages.
"L'absence de respect mutuel entre les adeptes des écoles de jurisprudence islamique est une cause essentielle de ce que l'on a convenu d'appeler les tensions confessionnelles", a-t-il déploré, citant à ce propos les campagnes de diffamation et de dénigrement contre les épouses du Prophète et mères des croyants relayées par plusieurs chaînes satellitaires, ou l'excommunication et l'exclusion d'une frange de musulmans non adeptes des écoles de jurisprudence sunnite (Ahl Assuna wal jamaa).
Il a qualifié ces pratiques de "totalement inadmissibles" en ce qu'elles constituent un danger pour le tissu religieux et spirituel de la oumma islamique, qui doit être éliminé par la promotion accrue du rapprochement, de la modération, du juste-milieu, de la tolérance et du respect mutuel qui doivent prévaloir entre les adeptes de tous les madahib.
De son côté, le ministre des Habous et des Affaires islamiques, Ahmed Toufiq, a mis l'accent sur le rôle qui échoit aux oulémas dans le rapprochement entre les madahib, appelant à multiplier les efforts d'exégèse pour obtenir auprès des décideurs des engagements fermes en vue de retirer toute velléité de discorde entre les écoles de pensées de la oumma.
Il a noté que les oulémas devraient tenir compte dans leur action du substrat composé de l'identité de telle sorte à ce que l'appartenance à une école de pensée ne soit pas motif d'exclusion ou d'appauvrissement de l'identité plurielle de la oumma.
Il a aussi fait observer que le rapprochement entre les madahib devrait être basé sur des fondements scientifiques, plaidant par là même à faire intervenir, de manière soutenue, la culture historique dans les cursus scolaires, dès lors que "plusieurs aspects d'éloignement sont la résultante d'un processus historique, quoiqu'ils aient été affublés d'un apparat de jurisprudence".
Cette 3ème réunion, à laquelle prennent part une pléiade d'experts et d'oulémas représentant différentes institutions islamiques (Egypte, Yémen, Sultanat d'Oman, Liban, Arabie saoudite, Iran), devra clore ses travaux, jeudi, par l'adoption d'une série de recommandations et d'une déclaration interdisant de porter atteinte aux autres madahib islamiques.
Le projet de règlement intérieur du Conseil consultatif supérieur pour le rapprochement entre les madahib islamiques a été adopté lors d'une réunion des experts, tenu en janvier 2006 à Damas, sur invitation de l'Isesco.
Le Conseil a tenu sa première réunion au siège permanent de l'Isesco, en mai 2007, alors que la deuxième réunion a eu lieu en juin 2008.