* La porte des Oudaïa , construite en pierre de taille ocre rouge, semble avoir eu un rôle surtout décoratif. Elle peut d'ailleurs, à cet égard, être considérée comme l'un des joyaux de l'art almohade.
Sa construction est attribuée à Yacoub el Mansour, qui voulut faire de Ribat el Fath sa capitale et l'aurait ajoutée au mur d'Abd el Mou'men. Elle servait peut-être, à proximité immédiate du palais, de salle de réception et de tribunal. Un auteur musulman, Mohammed bou Jendar, la désigne comme la « galerie majestueuse du palais ». Le décor sculpté, répété sur la façade intérieure, est sobre et bien équilibre.
Les écoinçons agrémentés d'un décor floral sont encadrés d'une inscription en caractères coufiques, aujourd'hui très abîmée. A la naissance des arcs festonnés, on remarquera les motif serpentiformes, rares exemples de représentations animales dans la décoration marocaine.
* Le cimetière el Alou, à gauche de 1a porte, est l'objet d'un «pèlerinage » une fois par an en l'honneur de Lalla Kasba, à laquelle les jeunes filles demandent un bon mari.
La rue Jamaa [forme la principale artère de ce quartier. Elle s'étend sur l'emplacement du couvent-forteresse du X" s. et du ribat almoravide, dont il ne reste plus rien. A l'exception des maisons, qu'il est difficile de dater, la plupart des vestiges visibles remontent au XII s. et, pour le surplus, au temps de la République du Bou Regreg et des premiers souverains alaouites.
* La Jamaa el Atiqa est la plus ancienne mosquée de Rabat. Fondée par Abd el Mou'men vers 1150 et remaniée plusieurs fois, elle fut reconstruite en grande partie sous le règne de Sidi Mohammed ben Abdallah (1757-1797) par un renégat anglais, Ahmed el Inglizi. Le minaret, orné d'arcatures aveugles, est probablement l'œuvre de l'un des premiers souverains alaouites.
* La plate-forme de l'ancien sémaphore , au bout de la rue Jamaa à gauche, offre du côté de l'océan un superbe panorama sur l'estuaire du Bou Regreg et Salé.
Au pied de la plate-forme, une tour circulaire du XVIII s. et la sqala, fortin aménagé en 1776 par Sidi Mohammed ben Abdallah, défendaient l'estuaire du Bou Regreg.
Sur la place, un entrepôt construit à la fin du XVIII s. par Moulay el Yazid abrite une coopérative ou l'on verra des jeunes filles en train de tisser des tapis
Reprendre la rue Jamaa puis tourner à gauche dans la rue Lâalami.
* La tour des pirates fut sans doute ajoutée à l'enceinte almohade au XVII s. Au pied du rempart, la Mdoura est un ouvrage de plan circulaire élevé au XIX s. Des grilles interdisent malheureusement l'accès à la tour.
Revenir dans la rue Jamaa et la redescendre.
La rue Bazzo que vous prendrez sur la g. dans la rue Jamaa, descend par une volée de marches jusqu'au Café Maure.
* Le Café Maure , avec ses bancs couverts de nattes, aux dossiers ornés de mosaïques, s'ouvre au vent et à 1'ocean. En savourant une corne de gazelle accompagnée d'un thé à la menthe, vous pourrez laisser flâner votre regard sur les parties hautes de la kasba, sur l'enceinte almohade et l'embouchure de l'oued qui sépare Rabat de Salé. Ce café, malgré sa célébrité, demeure l'un des lieux préférés des Rabatis.
* Le jardin est accessible depuis le Café Maure par une porte. Cet havre de paix fut créé en 1915-1918 à la manière des jardins andalous avec ses allées perpendiculaires, ses parterres étagés, sa noria traditionnelle et sa végétation exubérante.
* Le musée des Oudaïa On y accède en sortant par une voûte dans la partie plus élevée des jardins et en tournant aussitôt à dr. Ce musée, rénové en 1995, est installé dans un bâtiment élevé par Moulay IsmaÏl, probablement entre 1672 et 1694. Le sultan résidait dans cette demeure lors de ses séjours à Rabat.
L'édifice comprend une cour à portiques, ornée en son centre d'une vasque de marbre, et entourée de corps de logis sur ses quatre côtés.
Une tour domine l'ensemble que complétaient une petite mosquée, précédée d'une cour aujourd'hui couverte, et un hammam
Vous y verrez principalement des tapis, des manuscrits enluminés, des costumes, des poteries diverses, un intérieur marocain d'autrefois avec ses divans recouverts de brocarts d'or et de soie fabriqués à Fès dans la seconde moitié du XIXe s. D'autres pièces de broderie sont présentées dans des vitrines. Art citadin par excellence, la broderie offre d'une ville à r autre des variantes dans le choix des motifs géométrie végétaux ou zoomorphes tout comme dans celui des tissus, des fils, des leurs et des points employés.
* En sortant du musée des Ou on pourra visiter le centre artisanal. Tourner à gauche en sortant de la kasba, le centre trouve à une centaine de mètres contrebas à gauche. Il s'agit d'un complexe:, moderne ou travaillent quelques tisans (cuivre, broderie, travail cuir...) ; achats possibles.
* Pour rejoindre le début de la promenade suivante, il faut longer le bord de la rivière pendant une vingtaine de minutes. En bordure d'une grande avenue, la balade n'est guère attrayante (et peut même être l'éprouvante en pleine chaleur) : mieux va prendre un taxi.
Le quai al Marsa, longe le port, fréquenté seulement par des barques (qui assurent notamment le passage des piétons vers Salé). Son accès est en effet gêné par un phénomène de barre.
Le quai passe en contrebas du borj de Lalla Qadiya, près du sanctuaire du même nom ou les pèlerins revenant de La Mecque passaient la nuit avant de rentrer chez eux.
0n parvient au bout du quai au borj Sidi Makhlouf, auquel s'appuie la muraille des Andalous.
Le borj Sidi Makhlouf, du début du XVI tire son nom d'un petit mausolée se trouvant à proximité, juste à. côte de l'ancien mellah, le quartier juif, qui fut transféré en ce lieu par le sultan Moulay Slimane, en 1808.
Sidi Makhlouf, juif d'origine, se convertit à l'islam et parvint à mériter la vénération des musulmans grâce à sa grande piété et aux miracles qu'il accomplissait. Il renouvela, dit-on, le miracle de Moise en fendant les eaux du Bou Regreg pour permettre à un étudiant, qui voulait l'éprouver, de le traverser à pied sec. ....